Humeur du jour

Le windsurf dans une impasse, allons donc !

Comment faire pour intéresser de nouveaux adeptes qui pourraient consolider la base de notre sport ?

En leur proposant des planches adaptées à une pratique des plus aisées, des planches ludiques, légères, des planches pour des vacances en famille,  épaulées en cela par un marketing bien pensé, bien ciblé, bien ficelé. Un truc en béton qui donnerait envie à la famille Truchmou de se mettre au Windsurf à Courchon les bains cet été.
Je ne sais pas moi,  une pub avec un Belbéoc'h qui passerait un backloop ?
Non ?
Ca aurait de la gueule !


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Mercredi 24 mai 2006
Merci à  Kiteboarder pour le portrait de ma petite personne dans le numéro de ce mois.
Comme je suis un parleur intarrissable, le format d'une page n'était pas suffisant pour contenir le flot de mes élucubrations, je  vous mets donc l'intégralité de l'interview sur le blog.
Bisous à  Caro pour  son amitié indéfectible.

Etat civil
Prénom François
Nom Pacou
Date et lieu de naissance Février 1957 Landes
Résidence : Cote basque
Femmes, enfants,? Une femme, 3 maîtresses et 2 enfants.

Trois qualités, trois défauts ? Passionné, Egoïste, Rêveur, Bordélique, Impulsif, Inventif. Je suis  poisson et j’assume complètement mon signe même si ce n’est pas toujours facile.

Quelle est ta définition du shape ? C’est avant tout l’expression d’une personne, sa vision et  sa sensibilité mises au service d’une demande particulière.
C’est ainsi  que vous  avez des planches de brutes, d’autres plus  « fines » d’autres efficaces avant tout etc….

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le shape : la démarche intellectuelle pour ou la réalisation manuelle ?

En tout  premier lieu la démarche intellectuelle bien sûr, c’est là que l’on va pouvoir faire travailler toutes ses compétences d’analyse, sa  finesse et sa sensibilité.

Toute action est la résultante d’une démarche intellectuelle qui dans mon cas, ne peut être autre chose qu’un plaisir .

Nous ne sommes pas des industriels, nous  avons la chance d’avoir ce lien si particulier entre la conception et la réalisation.

Le shaper ne peut que prendre plaisir à créer tout  d’abord dans sa tête mais, de la réalisation, de la modélisation, du  contact avec la pièce finie viendra la jouissance finale.

Le shaper a besoin du  contact avec la matière, c’est un sensuel, du moins je le conçois comme tel.
 

Premier shape : où, quand, avec quoi, avec qui ? 1982, je débarque à  Biarritz, c’est une planche de windsurf hésitante qui  sorts de mes mains,  heureusement, la mienne.

Déco rococo à  l’aéro  sur fond de parchemin brûlé (la honte !) mais j’étais  très fier de ma réalisation, pain de mousse PU strat polyester : 2.90 m.

J’apprends très vite de ce que j’observe surtout quand on est à Biarritz dans  ces années là où  Joël Roux et Jacques Albert officient avec grand talent.

Alors je  regarde beaucoup, je  travaille mon analyse  et je navigue aussi souvent ce qui  me permet d’affiner les sensations. 

Qu’est-ce qui t’a motivé à shaper des planches de kite ?

La nouveauté m’attire toujours , Je ne supporte pas faire les mêmes choses, j’ai  besoin d’horizon  lointains à  atteindre. Le kite est arrivée un jour dans mon atelier sous les traits de Manu Bertin pour placer des inserts sur une planche  de surf Simon Anderson, la problématique  de la planche de Kite  avec ses appuis et son équilibre différents me sont apparus  intéressants à développer, c’était nouveau,  il fallait travailler, chercher, débroussailler et ça, ça  me parle. L’envie était là.
 
Quand as-tu réalisé ta première board de kite ? Oignon ou réussite ?

Ma toute première board de kite a été une 2.35 directionnelle pour un client d’Hossegor. Elle glissait particulièrement bien et correspondait aux besoins de l’époque. Elle ferait office de péniche actuellement mais  je  pense très sincèrement qu’il  faut développer ce concept de planche de cruising montée en aile légère et de taille moyenne pour donner le goût de glisser à  une catégorie d’utilisateurs qui  rendront ce sport pérenne.

Très rapidement ensuite, j’ai  réalisé les deux premières planches qui  ont marqués le début d’une longue collaboration avec un garçon adorable : Christophe W Roussin. Christophe si  tu  nous  lis !!

Rabot ou fraiseuse numérique ? Les deux mon général.

Le rabot  est un outil  que je continue à  utiliser dans des cas très précis comme les protos de vitesse en mousse PU par exemple  mais  une fois  les planches conçues dans ma  tête, je bascule sur l’ordi ou je les affine puis  les envoie sur ma machine à  commande num.

Voir la planche prendre forme  passe après passe, me procure toujours la même  excitation que cela soit au  rabot ou  à la  machine.

C’est juste un transfert d’outil.

Quels sont les matériaux que tu préfères travailler ? La mousse polyuréthane de surf pour ce qui est du shape, la finesse du  grain la précision du  shape que l’on peut atteindre en fait un matériau pour le moment inégalé.
Un shape abouti sous les néons d’une salle, c’est quand même sacrément beau !

Quels matériaux pour quelles planches ? Pour les directionnelles de surf, Mousse PU et polyester + verre et éventuellement construction sandwich. Je ne fais pas de séries industrielles pour  ces planches là, elles sont les héritières du  surf et je trouve important de transmettre une certaine tradition alors que l’on assiste  à  la fin de cette époque.

 Pour les TT noyau  bois + carbone epoxy. Le choix est  étroit au vu  de l’exigence de poids, de perfs et de prix  du marché. Les quantités de planches produites ne permettent pas pour le moment d’aller vers d’autres technologies qui  pourraient être plus  performantes.

Les matériaux du futur, ça serait quoi ?

Déjà des matériaux qui  préservent ceux qui les mettent en œuvre et l’environnement. Ensuite nos pratiques nécessiteraient des matériaux qui  aient une mémoire de forme sans faille. Légers, faciles à  mettre en œuvre avec des résistances mécaniques supérieures aux composites à  base d’époxy.

Explique nous ton approche du shape pour les directionnelles de vague ?

Je cherche avant tout à  ce que  la planche soit efficace, pour cela il lui  faut du drive, mais  surtout de la tenue en courbe, la vitesse n’est pas un point primordial  et pas si  difficile  que ça  à  atteindre, en revanche, la problématique  du  kite dans  les vagues  est de conserver le contrôle de ses appuis.

La composante verticale donnée par l’aile, modifie la donne.

La tenue en courbe viendra d’une bonne compréhension de l’outline selon le programme et, paramètre très important, les rails, leur volume et leur progression.

Explique-nous la genèse de la V-Flex ?

Les VFlex sont issues d’une réflexion  sur l’optimisation d’une part, de  l’écoulement en carving, ensuite du  contrôle et enfin du confort. Bien sûr je voyais tout un tas de planches avec des spatules affinées mais  pas trop convaincus par rapport à  ce que je cherchais.

Je voulais que l’on puisse enquiller à  fond dans le clapot ou  en courbe sans que la  planche ne renvoie de trop dans les jambes et que  l’on ne se concentre que sur la conduite.

 Il fallait donc  que les pointes soient particulièrement réactives. Une spatule conventionnelle est forcement moins réactive qu’une demi -spatule  qui, par la fréquence plus élevée de sa réponse filtrera bien mieux les vibrations  et autres trépidations.

Dans un deuxième temps dès 2004, j’ai  travaillé sur un corps unique et des demi-spatules démontables et  interchangeables ce qui  permettait d’accroître la fiabilité de l’ensemble et de pouvoir travailler sur l’asymétrie pour  une utilisation surf. Le rider avec un corps unique, avait  la possibilité d’un gamme de  plusieurs planches de comportement et de types différents en ne  changeant que ses demi spatules .

Je me suis  heurté au  soucis du poids, la réalisation quant à elle n’est pas insurmontable.

Faute de budget pour développer  sérieusement le concept,  je l’ai  un peu  mis sur le côté. Et j’ai  vu  que le  shaper de vent de folie avait eu une réflexion dans le même sens. Mais lui  cherchait le côté pratique pour le  voyage.

Depuis quand intègre-tu le flex dans tes shapes ?

Depuis les toutes premières Vflex en 2002 pour les protos coureur et 2003 pour les séries.

A vitesse élevée, on reproche souvent aux directionnelles type surf de monter sur les ailerons. Quelle serait la solution possible pour y remédier ?

La solution est de ne pas monter des ailerons de surf classiques mais  d’autres types. J’ai  eu  déjà le même problèmes sur mes thrusters en Windsurf il y  a quelqus années, et par un travail particulier de design et de profils d’ailerons,  ce soucis a été résolu.

Quels sont les coureurs avec lesquels tu collabores ?

Richard Boudia, Coralie Imbert, Cyril Pimont, Baptiste et Lazare Pacou.

Il aime faire quoi François quand il n’est pas dans son atelier ?

J’aime me nourrir de ce que je vois ou entends, dont je fait provision comme l’écureuil dans l’age de glace; je vis beaucoup  dans ma tête.
Sinon j’écoute du  Jazz, je gratouille ma guitare, fait de la photo.
Un peu  de  Windsurf, un peu  de Kitesurf,  Surf de temps en temps et je fais de l’enduro ou  du  trial  entre amis et avec mes enfants. Et plus tard, quand je serais vieux,  je ferais la cuisine pour mes potes.

Quels sont les bons spots autour de Biarritz et la meilleure période pour kiter ?

La meilleure période est sans conteste le printemps et l’été avec leurs thermiques de Nord Nord-est.
Toute la côte s’y prête mais  les zones les plus  sûres restent certaines plages d’Anglet et Tarnos.
Il faut préserver le Kite sur la côte basque et respecter les surfers et les gens .

Le mot de la fin, un message ?

Ce qui  m’énerve dans ce métier est qu’il  est impulsé par des financiers à courte vue.

Les majors s’engouffrent dans le moindre espace où il semblerait qu’il  y ait une éventualité de profit. Ce qui  fait que l’on voir fleurir des shapes de vague non aboutis bêtement calqués sur des surfs. Il faut de la nouveauté, on vous donne de la nouveauté.

On peut le voir aussi avec l’avènement des ailes plates.

SI  cette arrivée est une excellente chose, attendue et nécessaire,  j’ai  vraiment le sentiment que  ce sont les utilisateurs les metteurs au point.

Les choses ne sont pas fondamentalement réfléchies pour  pérenniser notre sport mais pour  en tirer le maximum le plus  vite possible.

Et comme on a pas franchement le temps  de tout développer correctement,  on vous en fait 40, vous en trouverez bien une qui  vous  convienne !!!

Bis repetita placet.

Les modèles durent 3 mois, à peine arrivés sur le marché qu’ils sont déjà « promotisés », soldés, déstockés etc….

On ne génère pas de pratiquants heureux, on génère un marché de perpétuels frustrés en attente de la toute nouvelle trucmuche qui  fera tellement mieux que la précédente.

Et quand il a s’agit de comprendre qu’un client mort était un client perdu, les sécus qui  fonctionnent sont arrivées sur le marché mais combien de temps ça  a pris, quel temps perdu, quelles vies saccagées !!!

Nous devons revenir à  plus  de sagesse et développer notre sport plus  intelligemment avec une réflexion d’ensemble, commune et à long terme.

 

FP

 

par François Pacou publié dans : Kitesurf
Mercredi 24 mai 2006
R.I.P
Rest in peace en anglais, il semblerait que Richard ait décidé  de ne pas de reposer et encore moins en paix.

Superbe roller  backside avec la RIP  170 Allround dans le swell canarien.


 

FP
par François Pacou publié dans : Kitesurf
Mardi 16 mai 2006
Connue des pêcheurs depuis toujours et des windsurfers dès les années 80,  bien qu'ils n'y soient pas encore allé s'y frotter, Belhara est divine, elle se dresse les jours de vent de sud par gros swell.
Bien quelle soit  énorme comme une cantatrice, c'est de la baie de St-jean-de-luz  qu'on peux la  voir dans toute sa majesté où elle apparait entre les passes au large, déformant d'abord l'horizon pour dérouler  en roulant des épaules.
Ce qui  explique pourquoi  les surfers ne l'ont découvert que sur le tard car ces conditions les chassent plus  au nord alors que pour les wishbones, la baie c'est régalade avec vent side shore ...


A ceux qui m'ont toujours demandé pourquoi  je n'avais pas émigré dans un endroit plus propice au vent et  où ma carrière aurait sûrement pris une autre tournure, voici  une réponse.


Photos:  Chris (Marcel) Cardon
par François Pacou publié dans : Windsurf
 

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